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Climat: à Bali, Al Gore dit une vérité qui dérange
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L'ex vice-Président américain accuse les Etats-Unis de faire obstruction à tout progrès et préconise de conclure un accord international sans son pays.
AFPFace à l'impasse des discussions sur le climat à Bali, le prix Nobel de la paix Al Gore a suggéré jeudi aux ministres de l'Environnement de conclure un accord sans les Etats-Unis.
«Je ne suis pas un responsable officiel et je ne suis pas soumis aux convenances diplomatiques», a lancé l'ex-vice-président américain, célèbre pour son action de sensibilisation au changement climatique.
«Je vais donc vous dire une vérité qui dérange: mon propre pays, les Etats-Unis, est le principal responsable de l'obstruction à tout progrès ici à Bali», a-t-il poursuivi sous les applaudissements.
«Vous pouvez ressentir colère et frustration et les retourner contre les Etats-Unis. Ou bien vous pouvez faire un second choix, décider de progresser et de faire tout le travail difficile qui doit être fait», a ajouté Al Gore, qui ne fait pas partie de la délégation officielle américaine.
Il a préconisé de «laisser un vaste espace blanc avec une note en bas de page» dans le document final qui doit être adopté demain
vendredi à l'issue de la conférence de l'ONU sur les changements climatiques, en sous-entendant que les Etats-Unis pourraient ajouter leur nom plus tard.
L'hypothèse d'un échec général de la conférence, désormais plongée dans le pessimisme, était réelle. Des délégués européens évoquaient la probabilité d'un texte final «à portée minimale».
«Je suis très inquiet, a déclaré à la presse le patron de la Convention climat de l'ONU, Yvo de Boer. Demain (vendredi) à midi, il sera trop tard».
L'objectif principal de la réunion de Bali est de tracer une feuille de route de négociations, que les ONG veulent ambitieuse, pour prolonger au-delà de 2012 le protocole de Kyoto, seul outil international pour freiner les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement.
«De nombreux sujets ont été transférés au haut niveau (de négociations) et reliés entre eux, nous sommes d'une certaine façon dans une situation où tout passe ou tout casse, a estimé Yvo de Boer. Si nous ne parvenons pas à finir le travail à temps, alors tout le château de cartes va s'effondrer».
Ses propos ont fait écho aux préoccupations des principales ONG présentes dans l'île indonésienne, qui ont dénoncé jaujourd'hui la «dynamique destructrice» des Etats-Unis (qui n'ont pas ratifié Kyoto) dans les discussions et appelé à renverser la vapeur durant les dernières heures de pourparlers.
Parmi les principaux points d'achoppement figuraient l'éventuelle mention en «ligne directrice» dans le texte de clôture d'une baisse de 25 à 40% d'ici 2020 des émissions des gaz à effet de serre dans les pays développés.
Cette préconisation des experts sur le climat du Giec suscitait encore l'opposition des Etats-Unis, du Canada, du Japon ou de l'Australie.L'Union européenne a engagé à ce sujet «un bras de fer» avec les Etats-Unis, selon l'expression de Greenpeace.
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Au Bourget, chez les supporteurs de Kadhafi, «notre président à tous»
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Le Bourget, mercredi soir. Un grand bâtiment vétuste, en bordure de route, fourmille d'activité. C'est ici, dans ce foyer de type Sonacotra, que Libération a retrouvé certains des supporteurs de Kadhafi qui avaient été «invités» à faire la claque pour le leader libyen mardi à l'Unesco.
Qui sont les «supporteurs» qui ont acclamé le leader libyen lors de sa venue à l'Unesco ? Résidents d'un foyer Sonacotra au Bourget (93), ils ont été «invités» par Kadhafi. Moyennant finances. Reportage.
Cordélia Bonal
Ce jour-là, le deuxième de sa très controversée visite officielle en France, Kadhafi prononçait un discours sous les vivats d'une petite assemblée d'hommes et de femmes en boubou et costumes traditionnels africains.
Parmi les quelque photographes autorisés à immortaliser la scène, la rumeur s'était répandue qu'ils avaient été «recrutés» pour l'occasion dans un foyer Sonacotra en Seine-Saint-Denis. Et rémunérés pour leur «prestation».
Sur place au foyer du Bourget, ce mercredi à 19 heures. C'est l'heure de la prière, on déroule les tapis dans les couloirs déjà encombrés. Les résidents, pour beaucoup d'origine malienne ou sénégalaise, rentrent de leur journée de travail. Au rez-de-chaussée, des hommes et quelques femmes s'activent en cuisine.
Tous semblent avoir «ententu parler» de «ceux qui sont allés voir Kadhafi à l'Unesco», mais rechignent à en dire plus. Selon un jeune Sénégalais, de retour de son travail de commis de cuisine à l'hôtel George-V, et qui habite le foyer depuis cinq ans, une cinquantaine de personnes du foyer s'y seraient rendues.
Un homme d'origine malienne, d'une quarantaine d'années, semble avoir mené les opérations. Assis sur un des quatre lits de sa chambre-dortoir, il explique faire partie d'une association de promotion de la culture africaine, «les Griots».
«Les collaborateurs de Mouammar Khadafi nous ont contactés pour nous inviter à venir le voir à l'Unesco. Bien sûr nous avons dit oui. Nous avons préparé les costumes, les tam-tam, tout ça, et mardi un bus de 56 places nous attendait porte de la Villette.» Gratuitement ? «Nous avons été rémunérés. Pas chacun personnellement, mais l'association.» Il refuse de dire combien.
«Nous avons été très heureux de pouvoir participer à cette manifestation», ajoute-t-il.
De fait, ces résidents du foyer semblent nourrir une vraie ferveur pour le «guide spirituel», comme aime à se faire appeler le colonel Kadhafi. «Mouammar el Kadhafi, c'est notre Président à tous, nous les Africains. Les Maliens, les Sénégalais, tous les autres... Un seul Président, et c'est lui.» Derrière lui, les autres occupants de la chambre acquiescent.
Il est 20 heures. Les adorateurs de Kadhafi se dispersent, qui vers une des cuisines communes, qui vers les salles d'eau. Dans la chambre du membre des «Griots», des portraits de Kadhafi, ramenés de l'expédition de mardi, sont appuyés contre les murs.
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Le traité de Lisbonne a été signé
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Les 27 chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne, ou leurs représentants, ont signé jeudi à Lisbonne le traité réformateur qui remplace la défunte constitution et une fois ratifié doit notamment faciliter les décisions en son sein.
Les chefs d’Etat ou de gouvernement de l’Union européenne ont paraphé jeudi à Lisbonne le traité qui doit réformer les institutions européennes.
AFP
Le document, qui prendra désormais le nom de Traité de Lisbonne, et qui confirme ou élargit également les droits fondamentaux des citoyens, a été signé au cours d’une cérémonie solennelle, dans le cloître du monastère des Jeronimos de style gothique flamboyant.
Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, retenu à Londres, était représenté par son ministre des Affaires étrangères, David Miliband, mais devait arriver à Lisbonne pour déjeuner avec ses pairs et signer à son tour le traité.
Les chefs de gouvernement et les ministres des Affaires étrangères de chaque pays ont apposé leur signature sur le document à l’aide d’un stylo en argent offert par la présidence portugaise de l’UE, dans le cadre d’un somptueux bâtiment de pierre du XVI siècle, sculpté comme de la dentelle.
Le Traité de Lisbonne, approuvé le 19 octobre dernier dans la capitale portugaise après des mois de très laborieuses négociations, remplace le projet de constitution rejeté par les Français et les Néerlandais en 2005, et devrait entrer en vigueur au 1er janvier 2009, après ratification par les Etats membres.
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Gaudin se lave la bouche au savon
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Jeudi matin, devant un journaliste de «Libération» qui s'était lavé pour l'occasion, le numéro 2 de l'UMP a admis que nous n'avions pas forcément les ongles sales et des pull-overs serpillières comme il l'avait affirmé lundi, que «c'était une boutade».
Michel henry (à Marseille)N’écoutant que son courage, et parfaitement grimé pour l’occasion (cheveux coupés de frais, ongles nettoyés à la javel, costume six-pièces), un reporter de Libération est allé, ce matin, demander au maire de Marseille (ville propre), ce qu’il entendait par sa description donnée lundi des « journalistes de Libération que nous reniflons dans les avions avec leur pull-over serpillière, leurs cheveux longs et leurs ongles sales!»
Jean-Claude Gaudin a d’abord été catégorique en nous voyant si bien mis, pour une fois : «Vous n’étiez pas visé.» Ouf ! Nous n’avions pas passé la nuit à brûler nos pulls serpillières pour rien. Puis le numéro deux de l’UMP a indiqué : «C’était une forme de boutade.» Cette excellente blague a été tenue «dans une réunion privée où je ne savais pas que mes propos étaient enregistrés». Invité à retirer ses propos, Jean-Claude Gaudin ne s'est pas exécuté, ajoutant : «Mon jugement définitif, je le réserve.» Retour sous la douche.
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Bientôt des ministres en CDD
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Selon Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, Nicolas Sarkozy pourrait bientôt nommer des «mlnistres missionnaires» chargés de traiter un problème spécifique et ponctuel.
ELIANE PATRIARCAMinistre, un emploi de plus en précaire? Selon le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, qui s'exprime dans un entretien à paraître samedi dans «Le Figaro Magazine», le gouvernement pourrait accueillir en 2008 des ministres «missionnaires» nommés pendant quelques mois pour traiter un sujet spécifique.

«Pendant la campagne, le président a avancé l'idée d'avoir des ministres missionnaires avec un sujet particulier à traiter pendant quelques mois. Ce serait la mission qui serait ainsi privilégiée, et non la gestion d'administration», a déclaré Claude Guéant.
«Je pense qu'on y viendra, et notamment quand la réforme institutionnelle sera passée, qui permettra aux ministres de redevenir député sans passer par une nouvelle élection», a-t-il ajouté.
Le projet de loi sur la réforme des institutions, un engagement de campagne de Nicolas Sarkozy, devrait être examiné en première lecture devant l'Assemblée nationale avant le 9 février, date de fin des travaux parlementaires, pour un vote au Congrès après les municipales de mars.
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730 millions pour lutter contre l'échec à la fac
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730 millions d'euros sur cinq ans pour «diviser par deux le taux d'échec» en première année de fac: tel est le périmètre du plan «réussir en licence» présenté jeudi matin par Valérie Pécresse. Dans le détail, chaque étudiant se verra accorder une moyenne de 5 heures hébdomadaires d'encadrement pédagogique supplémentaire, et, outre la rénovation du contenu de la licence, les étudiants devraient bénéficier d'une meilleure orientation et d'un accompagnement personnel renforcé. Une priorité sera donnée aux bacheliers technologiques et professionnels dans les IUT et STS (ex-BTS).
La ministre de l'Enseignement supérieur veut «diviser par deux le taux d'échec» en première année.
Liberation.fr (avec AFP)
La ministre a présenté ce jeudi matin l'aboutissement de ce «chantier», à l'étude depuis juillet, à la Conférence des présidents d'université, avant de l'exposer aux personnels d'enseignants puis aux organisations étudiantes. Pour le financer, «l'Etat consent un effort budgétaire considérable, de manière pluriannuelle, en investissant 730 millions cumulés d'ici à 2012», étalés progressivement entre la rentrée 2008 et la rentrée 2012, indique le ministère.
Cela «équivaut à une hausse du budget dédié à la licence de 43%: pour l'année 2007, l'Etat aura dépensé 500 millions d'euros pour la licence; en 2012 il dépensera 714 millions d'euros». A partir de la rentrée 2008, «les universités disposeront d'un volume d'heures disponibles de cinq heures hebdomadaires supplémentaires par étudiant, pour chaque année de Licence, destinées à un encadrement pédagogique plus soutenu», sous forme ou «d'heures complémentaires d'enseignement» ou de «tutorat», ou de «monitorat», précise-t-il.
Dans une interview au Parisien-Aujourd'hui en France, la ministre de l'Enseignement supérieur a explique que l'objectif est de «diviser par deux et en cinq ans le taux d'échec en première année à l'université. Aujourd'hui, environ un élève sur deux échoue en première année. En 2012, nous devons arriver à un sur quatre. Il faut en finir avec cette sélection par l'échec», a-t-elle affirmé.
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Hausse des prix : 42% pour le steak haché, 32% pour les coquillettes
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La hausse des prix ? Une quasi vue de l’esprit, disent certains économistes, s’appuyant sur le taux d’inflation, faible, et la forte baisse des prix des produits de haute technologie. Mais qui achète tous les jours un écran plat à 1000 euros ? En revanche, la hausse des prix des produits de consommation courante se fait bel et bien sentir. Et ce n’est pas ce listing retraçant l’évolution des prix dans un hyper de 2004 à 2007, que le Nouvel Observateur s’est procuré, qui dira le contraire. Un listing dont on ne connaît pas la provenance.
Selon un listing retraçant l’évolution de 250 produits vendus en grande surface, la hausse des prix sur trois ans s’élève à 11,5% en moyenne.
F.V.
Selon ce document qui retrace l’évolution de 250 produits de grandes marques parmi les plus vendus en grandes surfaces, la hausse s’élève à 11,5% en moyenne sur trois ans, soit deux fois plus que l’inflation. La palme revient à cette marque de steak haché, avec 42% de hausse. Les coquillettes, produit de base, monte de 32%. La bouteille de Volvic de 26%, les rillettes de 31%, le saucisson de 24%, le thon de 23%. Et la liste est longue.
Pour répondre à cette hausse des prix, le secrétaire d’Etat au Commerce, Luc Chatel, doit défendre ces jours prochains au Parlement son projet de loi visant à réformer les relations entre grande distribution et fournisseurs. Nicolas Sarkozy, qui avait basé en partie sa campagne sur le pouvoir d’achat, sait bien que ses électeurs sauront s’en souvenir. Surtout à moins de quatre mois des municipales.
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Les parlementaires suisses virent Blocher
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Le leader populiste n’a pas été réélu à son poste de ministre de la Justice.
07h47Le leader populiste n’a pas été réélu à son poste de ministre de la Justice.
SERGE ENDERLINSur la modeste échelle de Richter de la politique suisse, c’est un séisme inouï qui a eu lieu hier sous la coupole du Parlement fédéral qui élisait, comme chaque année à la même période, le gouvernement. Christoph Blocher, le tonitruant champion de la droite dure, ministre omnipotent depuis quatre ans, a été évincé. Livide, la mâchoire serrée, le leader populiste a été débarqué de l’exécutif moins de deux mois après le triomphe de son parti, UDC (Union démocratique du centre), aux élections législatives - première force du pays avec 29 % des suffrages.
Pour remplacer Blocher, les députés ont choisi une inconnue du même parti, Eveline Widmer-Schlumpf, 51 ans, ministre dans le gouvernement du canton alpin des Grisons… qui n’était pas candidate. Allait-elle accepter sa nomination surprise contre l’avis de son propre parti ? Pendant toute la matinée, le suspense durait, alors que la nouvelle ministre embarquait d’urgence dans un train à Coire, dans les Grisons, pour se rendre à Berne, la capitale fédérale. Sur le coup de 13 h 30, le président du Parlement, l’UDC vaudois André Bugnon, faisait à nouveau retentir sa clochette. Pour annoncer que la nouvelle élue avait demandé une «journée de réflexion» après avoir rencontré à huis clos la direction de son parti. Les débats reprennent ce matin à Berne, sans que de nouveaux coups de théâtre soient exclus.
Sanction. Christoph Blocher a fait les frais d’une alliance entre la gauche minoritaire (socialistes et verts) et les chrétiens-démocrates, qui avaient juré sa perte. Ils abhorrent son style, son ton, ses excès, ses déclarations à l’emporte-pièce, en somme son côté si peu «suisse». Plus que son parti, ils ont voulu sanctionner un comportement. «Pendant quatre ans le conseiller fédéral Blocher est resté le tribun Blocher, écrit le quotidien le Temps. Il n’a pas pris les habits de l’homme d’Etat, s’est moqué de la dignité de la fonction, a dénigré ses collègues du gouvernement, menti au Parlement, intimidé des fonctionnaires et même critiqué des lois suisses à l’étranger tout en étant ministre de la Justice.»
La Suisse est gouvernée depuis les années 50 par un système de «convergence» qui voit quatre partis, gauche et droite confondues, se partager les sept sièges du Conseil fédéral (le gouvernement). Chacun des ministres occupe à tour de rôle la présidence de la Confédération helvétique pour un an. Les parlementaires ont voulu préserver ce principe de concordance en laissant ses deux portefeuilles à l’UDC. Un autre membre du parti populiste, le ministre de la Défense Samuel Schmid, considéré comme très modéré, a été réélu sans problème, comme les cinq autres membres sortants du gouvernement, et a prêté serment.
Puni, Blocher pourrait se venger en obligeant les deux conseillers fédéraux UDC élus à se retirer ou en les excluant de sa formation, s’ils refusent. Le parti se retirerait ainsi de l’exécutif pour passer dans l’opposition. Dans le système helvétique de démocratie semi-directe, cela signifie que les populistes pourraient bloquer toutes les décisions du gouvernement en déclenchant des référendums populaires. La Suisse est ainsi toute proche de la fin de ce que l’on appelle ici la «formule magique», modèle longtemps admiré de stabilité politique.
Nuisance. Dans les rangs de l’UDC, la consternation était totale hier. «Christoph Blocher a été chassé du Conseil fédéral alors qu’il était notre seul choix. Nous avons l’obligation de passer dans l’opposition, ce qui veut dire que 29 % de l’électorat ne sera plus représenté au gouvernement, tonne Oskar Freysinger, député UDC du canton du Valais. Les parlementaires se sont payé un orgasme de cinq secondes, mais ils vont payer l’addition pendant vingt ans !» Rien n’indique en effet que la capacité de nuisance de l’UDC blochérienne, volontiers xénophobe, sera amoindrie par ce putsch parlementaire. Le 23 octobre, les citoyens suisses avaient plébiscité les thèses sécuritaires et anti-immigration de l’Union démocratique du centre. Et ils n’ont pas changé d’avis.
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Les rivalités ministérielles augmentent avec le pouvoir d’achat
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Gouvernement. Xavier Bertrand grille Christine Lagarde pour conduire le dossier.
10h31Gouvernement. Xavier Bertrand grille Christine Lagarde pour conduire le dossier.
MURIEL GREMILLET et FRANÇOIS WENZ-DUMASXavier Bertrand, le ministre du Travail, énerve tous ses collègues. A commencer par le premier d’entre eux, François Fillon, auquel il n’a pas échappé qu’il pourrait bien lui succéder un jour. Mais aussi Christine Lagarde, à laquelle il a manifestement piqué le dossier du pouvoir d’achat présenté hier en Conseil des ministres et qui avait naturellement sa place dans les affaires de la ministre de l’Economie et de l’Emploi.
C’est d’ailleurs une triplette de ministres qui est venu le défendre devant les députés en commission des affaires sociales à l’Assemblée hier : Xavier Bertrand flanqué de Christine Lagarde et de Christine Boutin pour les questions de logement. La ministre de l’Economie devra se contenter de défendre les articles sur la participation et la prime de 1 000 euros détaxée pour les petites entreprises. Le gros morceau, celui de la monétisation des journées de RTT acquises dans le cadre des 35 heures, sera la chasse gardée de Xavier Bertrand, qui aura l’honneur de défendre à la tribune de l’Assemblée la philosophie du projet. Dans l’entourage de Lagarde, on appelle cela pudiquement le «copilotage». Mais personne n’est dupe : c’est Bertrand qui tient les rênes.
Il faut dire que la manière dont il a su négocier avec la CGT la sortie de la grève sur les régimes spéciaux de retraite a fait de Xavier Bertrand l’un des poids lourds du gouvernement.
Il est jeune, 42 ans, et, à la différence des autres ministres actuellement en première ligne, il n’est ni l’obligé du président de la République comme Rachida Dati ou Valérie Pécresse, ni un baron de l’UMP genre Michèle Alliot-Marie ou Xavier Darcos. «Il fait partie, avec Jean-François Copé, de ceux qui peuvent légitimement avoir des ambitions et ne s’en cachent pas», confie un ténor de l’UMP.
CNE. En attendant, Xavier Bertrand essaie de rester modeste et pragmatique, sans ménager ses critiques à propos des grands anciens. La réforme Juppé ? «C’est resté pour moi l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire : annoncer une réforme et être obligé de la retirer», se souvient-il. «Et ce qui a été fait dix ans plus tard sur le contrat nouvelle embauche (CNE) n’est pas mieux : on l’a imposé par inadvertance. On a vu le résultat.»
«Dans un conflit comme celui des régimes spéciaux, confie-t-il encore, l’important c’est que personne n’en sorte humilié.» Autre expression favorite du ministre : «L’essentiel dans une réforme, c’est le service après vote. Tant qu’elle n’est pas entrée dans la vie quotidienne des gens, rien n’est gagné.» Et de citer sa loi antitabac : «On verra en janvier si la partie est gagnée , si l’interdiction de fumer devient effective dans les restaurants.» Ce pragmatisme est apprécié par les partenaires sociaux. «Il a deux grande qualité, raconte le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly. Il est accessible et bosse ses dossiers.» Autre atout, il a le contact direct avec le conseiller social de l’Elysée, Raymond Soubie.
Christine Lagarde, elle qui faisait partie des grands espoirs du gouvernement, commence à faire pâle figure. Elle est pourtant de tous les voyages présidentiels, de toutes les signatures de contrats commerciaux. «Mais on a aucune latitude, dit un haut fonctionnaire de Bercy. C’est le même tarif que dans tous les autres ministères, l’Elysée gère.» Christine Lagarde a aussi cumulé les gaffes. Elle a d’abord parlé de «rigueur» à propos des fonctionnaires, avant d’être reprise sèchement par Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée. Elle s’est emmêlé les pinceaux sur les chiffres de la croissance. Et ses commentaires sur la hausse des prix du carburant, quand elle demandait aux salariés de prendre leur vélo pour aller travailler, lui valent le très machiste surnom de «Marie-Antoinette» à l’Assemblée.
«Angoisses». Même à droite, on trouve peu de gens pour la défendre : «Quand elle parle du pouvoir d’achat, on a des angoisses», dit un député UMP. Surtout, c’est elle qui avait défendu le premier projet de loi sur le pouvoir d’achat, le Tepa, en juillet. Projet censé donner un «choc de croissance» à l’économie française. «Ce n’est pas très sérieux de la voir revenir trois mois après pour dire "nous allons encore faire mieux pour le pouvoir d’achat"», dit un autre député. Sous entendu, les premières mesures ont été un fiasco. Alors Christine Lagarde se trouve des consolations, comme la fusion ANPE-Unédic. Hier, à l’Assemblée, un député UMP lui a aussi posé une question sur la baisse du chômage : «Merci de me donner l’occasion de commenter cet événement», répond la ministre.
A Matignon, vu la concurrence avec Xavier Bertrand, on ménage l’ancienne patronne d’un grand cabinet d’avocats. «Elle devient plus politique», dit-on. Ce qui pourra toujours être utile. La ministre de l’Economie va partir en campagne pour les municipales dans le XIIe arrondissement à Paris. Là aussi, elle est attendue au tournant.
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«Je réaffirme avec force que je suis innocent»
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Le verdict du procès d'Yvan Colonna, accusé de l'assassinat du préfet Claude Erignac, est attendu jeudi en fin de journée ou dans la soirée, la cour d'assises spéciale de Paris devant entendre l'accusé avant de se retirer pour délibérer. La cour a entendu jeudi matin les deux dernières plaidoiries de la défense avant de se séparer vers 13H15. A la reprise à 14H15, le président Dominique Coujard a donnéune dernière fois la parole au berger de Cargèse avant de se retirer pour délibérer.
Avant de laisser la parole à Colonna, la cour a entendu ce matin les deux dernières plaidoiries de la défense. Cette dernière a suggéré, sans la nommer, l'identité d'un autre suspect possible du crime pour réclamer l'acquittement. Verdict attendu au plus tard dans la soirée.
Liberation.fr avec AFP, Reuters
«Au bout d'un mois de procès, je pense avoir répondu sincèrement à toutes les questions qui m'ont été posées. Je n'ai rien d'autre à ajouter, si ce n'est que je réaffirme avec force que je suis innocent», a-t-il dit, l'air fatigué.
Ce matin, au terme du procès de l'assassin présumé du préfet de Corse Claude Erignac en 1998, la défense a suggéré à la cour d'assises de Paris l'identité d'un autre suspect possible du crime, pour réclamer l'acquittement. Me Gilles Simeoni n'a pas nommé cette personne mais l'a clairement identifiée pour la cour et même pour la partie du public originaire de l'île, en exploitant un procès-verbal de l'enquête versé au dossier. En terminant sa plaidoirie, il a lancé aux sept magistrats professionnels de la cour : «Je vous remets Yvan Colonna et je vous demande dans quelques heures de le remettre aux siens».
Yvan Colonna «n'aime pas la Corse jusqu'à tuer un homme», a-t-il plaidé. Durant deux heures et demie, il a dénoncé l'enquête et l'instruction «à charge», affirmant: «il suffisait que Colonna parle pour que Colonna mente». Après l'assassinat du préfet de Corse, pour «l'Etat, monstre froid, il fallait briser, il fallait casser, rappeler que, de violence légitime, il n'y en a qu'une», dit-il. Pour ce drame, comme pour l'attaque de la gendarmerie de Pietrosella en septembre 1997, «on a introduit le nom de Colonna comme un faussaire». «Nous sommes dans une position impossible : on nous demande de donner la preuve que le nom de Colonna a été suggéré» par les enquêteurs.
Si quatre des six membres du commando déjà sous les verrous l'ont dénoncé en garde à vue, c'est «qu'ils en ont protégé d'autres que vous ne connaissez pas», assure-t-il aux sept juges de cette cour spécialisée dans les affaires de terrorisme. Il va jusqu'à avancer d'autres coupables potentiels, comme ces trois hommes ayant quitté la Corse de manière suspecte juste avant le drame, dont «l'employeur» d'une des épouses d'un membre du commando. Pourquoi, après l'avoir mis en cause, les membres du commando n'ont finalement exonéré Colonna que du bout des lèvres à la barre ? «Ces gens sont des lâches; s'ils assumaient clairement leur revirement, ils perdraient en Corse et ailleurs, le peu qu'il leur reste», explique-t-il.
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Le capitaine, sa femme, et le pacemaker
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ÉRIC FAVEREAUIl est capitaine à la retraite. «C’est un bel homme de 85 ans», dit-on de lui. Sa femme a cinq ans de moins. Elle est cardiaque, et porte depuis longtemps un pacemaker, un stimulateur cardiaque qui envoie une impulsion électrique au cœur pour provoquer sa contraction. Et, tous les dix ans, il faut changer la pile de l’appareil, autrement à tout moment celui-ci peut s’arrêter.
C’est une femme fière. Souvent, elle a répété à son mari que si elle perdait la tête elle ne voulait plus vivre. Et voilà que la tête, elle la perd. Elle la perd depuis quelques mois. Et de plus en plus. Pour la gériatre qui la suit, il n’y a guère de doutes : elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle qui avait tant de pudeur n’en a plus. Elle ne s’habille plus, elle fait tout de travers. Son mari résiste, l’accompagne, ne la quitte pas des yeux. Il la suit partout. Il est épuisé, mais jusqu’à présent tous les deux ont réussi à donner le change. «Même leurs enfants ne sont pas conscients de l’état d’avancement de la maladie», raconte la gériatre.
Aujourd’hui, le capitaine à la retraite ne sait plus quoi faire. Il est inquiet. Il le dit, bientôt il ne pourra plus assurer et faire semblant que la vie reste possible. Sa femme, elle, est ailleurs. Elle ne demande rien.
La dernière fois que le capitaine est allé voir la gériatre, une idée lui est passée par la tête. Et s’il ne changeait pas la pile du pacemaker ? Cela fait dix ans maintenant. Le vieux colonel en a parlé à la médecin gériatre. Il a hésité. Il a dit à la gériatre : «Peut-être de ne pas lui remettre une pile, ce serait une façon de respecter la volonté de ma femme, celle de ne pas vivre de façon indigne.» Il dit avoir promis à sa femme «une vie humaine jusqu’au bout». Et qu’il aurait «l’impression de la trahir» s’il ne faisait rien.
La gériatre est perplexe. Que faire ? Aujourd’hui, la vieille dame ne manifeste aucune volonté d’en finir. Que faut-il respecter ? La volonté d’hier ou celle d’aujourd’hui ? Le vieux capitaine est à bout. La gériatre hésite : elle doit soigner cette vieille dame qui n’a plus toute sa tête. Mais si la soigner c’est voir le vieux couple se perdre un peu plus…
A lire :l’Ethique clinique, une méthode à l’épreuve de l’expérience. Editions Assistance publique, octobre 2007. www.ethique-clinique.com/brochures.html
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Les transporteurs ont fait tourner l’Italie au ralenti
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De notre correspondant à Rome ÉRIC JOZSEFRoutes barrées, stations-service fermées pour cause de pénurie d’essence, chargements de biens alimentaires escortés par la police à Naples: le cauchemar de paralysie qui menaçait l’Italie s’est éloigné hier soir avec la fin de la gigantesque grève sauvage des transports routiers, qui avait débuté lundi. L’intersyndicale des chauffeurs routiers a en effet appelé dans la soirée à l’arrêt du mouvement, à la grande satisfaction du chef du gouvernement Romano Prodi qui a salué ce «retour vers la normalité». «Je suis satisfait car nous avons ramené le pays vers la normalité sans céder aux provocations», s’est-il félicité.
Au cours de ces derniers jours, des entreprises ont été contraintes de fermer leurs portes faute d’approvisionnement en matières premières. Fiat a mis en chômage technique 25 000 ouvriers tandis que Barilla avait fermé hier ses neuf usines de pâtes. Dans les supermarchés, des rayons ont été pris d’assaut par les consommateurs inquiets.
Carburant. En bloquant les principaux accès routiers pour protester contre la hausse des prix du carburant et exiger de meilleures conditions de travail, les camionneurs ont mis «l’Italie à genoux», selon l’expression de la presse transalpine. Aux frontières, des milliers de poids lourds étrangers ont été bloqués, en particulier à Vintimille. Pris de court, le gouvernement, qui avait pourtant entamé il y a plusieurs mois des négociations avec les syndicats, avait opté mardi soir pour la manière forte en ordonnant aux routiers de lever immédiatement les barrages et en rappelant les sanctions possibles : «Jusqu’à 500 euros d’amende par jour», et même dans certains cas, «quatre ans de réclusion».
Finalement, le règlement du conflit est intervenu à l’issue d’une réunion au ministère des Transports, au cours de laquelle le gouvernement a présenté aux représentants du patronat et des salariés du secteur des mesures sur les contrats de travail et des aides face à la hausse des prix du carburant. L’Italie souffre d’un marché du transport routier constitué pour l’essentiel de petits entrepreneurs qui ne parviennent pas à faire face à la concurrence étrangère.
Manœuvre. Tout en assurant qu’il avait pris la mesure du problème, le gouvernement avait aussi souligné récemment qu’il voyait dans la protestation une manœuvre politique. Après le soutien d’Alliance nationale (droite) à la mobilisation des taxis de Rome contre la politique de libéralisation du maire (centre gauche) Walter Veltroni, la grève sauvage des camionneurs a été appuyée à son tour par Forza Italia. L’un des principaux leaders des routiers, Paolo Uggè, est sénateur du parti de Berlusconi.
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- Libération Expresso ?
Expresso est le concentré de Libération destiné aux téléphones et terminaux mobiles. Servi toutes les 30 minutes, Expresso vous permet d'emporter partout, avec vous, les dernières nouvelles de Libération. - Comment ça marche ?
Emportez Libération Expresso partout o&ucute; vous allez. Avant de partir, rendez-vous sur la page http://iphone.liberation.fr depuis votre téléphone portable ou votre terminal mobile ; chargez les 12 dernières infos. Emportez-les avec vous, et lisez-les en mode déconnecté où vous voulez, quand vous voulez. - Ça ne marche que sur les iPhones ?
Libération Expresso est particulièrement adapté à l'iphone mais le service est évidemment disponible sur la grande majorité des téléphones et terminaux mobiles disposant d'un navigateur web supportant le Javascript et d'une connexion GPRS, EDGE ou 3G.


